D'abord, il ne faut pas être surpris par des exigences de positionnement et de projet professionnel dans les écoles de commerce. HEC possède pas moins de
trois pôles carrières, pour les élèves de l'Ecole, des masters et du MBA et un centre d'Information Carrières/entreprises, toutes les écoles de commerce possèdent au moins un pôle de relation
Entreprises et aucune ne déroge à la pratique des enquêtes de placement des diplômés, qu'elles insèrent à la fin de leurs plaquettes. Donc, toute résistance est vaine, la notion de "carrière" est
bien ancrée dans la culture des écoles de commerce.
Ensuite, les écoles offrent des filières de spécialisation, masters ou majeures, qu'elles cherchent naturellement à fournir en étudiants. L'entretien de
personnalité peut être un premier filtre, certes imparfait en raison des modifications de parcours au sein de l'école, mais qui permet quand même d'éviter des déséquilibres majeurs d'effectifs
dans les spécialisations. Ainsi le jury pourra être plus exigeant avec des candidats demandant une entrée dans la majeure Marketing de l'EM Lyon qu'avec des candidats voulant étudier le
contrôle de gestion, filière souvent peu demandée.
A plus longue vue, n'oubliez pas que les écoles ont pour premier objectif le placement de leurs diplômés. Les filières des écoles correspondent aux
métiers demandés sur le marché du travail. Donc aucune école n'a intérêt à présenter des diplômés en inadéquation avec le marché, trop de spécialistes en marketing par exemple et pas assez en
contrôle de gestion.
Quand on est candidat, on s'imagine trop souvent en position de faiblesse par rapport à un jury tout puissant, ce qui constitue une double erreur.
D'abord, le jury est garant du recrutement de l'école, une lourde responsabilité quand on sait qu'il en va de la vie pendant plusieurs années au sein de l'institution et de la réputation de
celle-ci. Le jury a donc besoin d'être rassuré et est peu enclin à prendre des risques. Un positionnement de candidat clair et pas très original sera ainsi préféré à un discours novateur et
dispersé. Ensuite, le jury est toujours composé de personnalités en rapport étroit avec l'école (professeurs, anciens, entrepreneurs...) qui peuvent être assimilés à des pairs voulant intégrer de
nouveaux pairs. Le jury a donc besoin d'être rassuré encore une fois sur la capacité des candidats à représenter l'école pendant sa scolarité et après. Le jury est donc lui aussi dans une
situation inconfortable; autant donc lui faciliter le travail et lui offrir ce qu'il attend.
Enfin, il n'existe pas un modèle d'entretien - c'est la limite d'une préparation rigide. Le jury fait varier les formes et les questions au gré des
candidats, des situations et des heures qui passent - n'oubliez jamais que c'est un exercice rapidement répétitif pour le jury, qui rencontre entre 10 et 25 candidats par jour. Un positionnement
clair permet d'une part d'éviter un éparpillement et de recentrer sur les éléments-clés de votre personnalité et d'autre part de susciter plus facilement l'intérêt du jury parce que vous aurez
été percutant sur quelques points que vous aurez bien travaillés.
Donc, pas de doute, vous êtes à l'entrée d'un nouveau monde. On y raisonne différemment. Et c'est justement ce détachement par rapport à votre passé et
votre maturité à intégrer une nouvelle façon de penser et de voir le monde que l'on juge.